C’est à nouveau dans la presse, via un article de La Voix du Nord paru le 16 septembre dernier, que nous avons découvert les intentions de la Région d’augmenter les tarifs TER chaque année jusqu’en 2028. Rappelons les faits :
Depuis 2024 à 2025, les tarifs ont augmenté globalement pour les billets occasionnels dans les Hauts‑de‑France de 5 à 10 % selon le type de voyageur.
Pour prendre un exemple concret: avant la hausse initiale, un aller simple occasionnel coûtait 9,80 € pour un trajet Lille -Valenciennes. Après la hausse de +4,5 % en 2024, ce tarif est passé à 10,24 €.
En 2025, avec la hausse +5,5 % pour les billets occasionnels, cela devrait correspondre à une nouvelle augmentation du prix du billet. Projetons-nous dans un futur proche : Si on applique une nouvelle hausse au même taux +5,5 % pour 2026, on atteindra 10,82 € pour le billet simple occasionnel,
Avec les hausses annuelles identiques de 5,5 % que vous planifiez, le même trajet coûtera 12 euros à la fin de votre mandat, soit une hausse de 2,2 euros depuis 2023 pour un usager occasionnel. Sur la ligne Lille-Amiens, l’abonnement TER hebdomadaire a pris sur la même période 4 euros.
Ces choix politiques pèsent sur le pouvoir d’achat, le pouvoir de vivre progressivement grignotés par des années d’inflation : +2% en 2024, + 4,9 % en 2023, + 5%, en 2022. Pour rappel, les dépenses de transport représentent 15% du budget des ménages. Selon l’INSEE, les dépenses de transports poursuivent leur augmentation : en 2024, +1, 6% et + 3, 4% en 2025.
Dans le même temps, vous choisissez de mettre tout en œuvre pour rester une des régions les moins chères en ce qui concerne les cartes grises. Que doit-on en déduire ? Y aurait-il deux poids deux mesures selon le mode de transport choisi ?
Monsieur le vice-président, vous offrez aux usagers du TER Hauts-de-France un avenir tout tracé : celui de hausses annuelles et récurrentes comme cela peut se pratiquer d’ailleurs sur des réseaux de transport urbain.
Pouvez-vous nous détailler en toute transparence votre plan concernant l’évolution des tarifs du TER Hauts-de-France ? Ces hausses programmés et systématiques vont-elles varier en fonction de la qualité de service ? Les usagers sont fatigués des annonces successives découvertes dans la presse sans qu’aucun débat n’ait eu lieu avec eux ou au sein de notre hémicycle régional.
Quels choix budgétaires comptez-vous opérer pour éviter de répercuter sur les usagers les hausses de la tarification de SNCF Réseau en 2024, 2025 et 2026 ? Des alternatives à la hausse des tarifs existent : le versement mobilité régional, la remise à niveau des cartes grises… Pourquoi refuser par dogmatisme de les mobiliser ?
Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir mes respectueuses salutations.
Monsieur POIX, d’une part, je voudrais vous rappeler que votre mémoire vous fait défaut, puisqu’un grand quotidien régional de notre région, dont le titre commence par « Courrier » et finit par « picard », l’a relayé lorsque nous sortions de la Commission permanente du 22 mai 2025, au cours de laquelle le président BERTRAND confirmait, nous avions déjà un débat sur les tarifs, qu’il y aurait une augmentation des tarifs. C’est ainsi. Vous vous souvenez, l’inflation, le fait qu’on l’a neutralisée pendant 8 ans, que, franchement, on ne vous a pas entendus, tout cela. Vous ne découvrez donc pas les choses par mes propos dans la presse, puisqu’ils ont été publiquement donnés, c’est page 37 du compte rendu de la Commission permanente du 22 mai 2025.
Au fond, qui augmente le plus les tarifs en France ? Allez, je vais le faire, je les aime bien, mes collègues vice-présidents de région. Celle qui a le plus augmenté, c’est la Nouvelle-Aquitaine (14,5 %), puis Occitanie (10,2 %, comme les Hauts-de-France, 10,2 % depuis 2022). Après, on a 14,7 % pour Grand Est.
Tout cela pour vous dire quoi ? En fait, tout le monde est obligé de recourir à cette question de la hausse tarifaire, toutes les régions, quel que soit leur bord politique.
Vous avez tendance à nous vendre un monde qui n’existe pas, et je pèse mes mots. Lorsque vous nous dites « Les tarifs, les tarifs, les tarifs ! », tout le monde le fait. Vous nous dites « La SPL, la SPL, la SPL ! », on le fait ; Occitanie et Nouvelle-Aquitaine le font exactement de la même manière.
Quelle est la dernière région qui vient de fermer, il y a moins d’un mois et demi, une ligne de chemin de fer ? La Nouvelle-Aquitaine vient de fermer une ligne TER.
A un moment, votre monde fantasmé du « y a qu’à, faut-qu’on, puis ce serait peut-être bien, car le monde est vraiment trop injuste », vous serez confrontés à la réalité du monde tel que nous le vivons dans les régions, droite ou gauche confondues. C’est cela la réalité, c’est que l’on a besoin de faire face à de l’inflation…