Motion déposée par le groupe PCPE
Depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas qui a causé la mort de 1 200 personnes et entraîné la prise de 250 otages, dont environ 100 sont encore retenus, la situation humanitaire dans la bande de Gaza est dramatique. La riposte militaire israélienne a entraîné des pertes humaines massives, avec plus de 42 000 Palestiniens tués, dont plus de 13 300 enfants, et 97 000 blessés entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2024, ces chiffres étant probablement sous-estimés en raison des disparus.
Les enfants de Gaza sont particulièrement touchés, avec des milliers de morts, de blessés, d’orphelins et de traumatisés, vivant dans des conditions inhumaines marquées par la famine, le manque d’eau potable, l’effondrement du système de santé et des restrictions sévères à l’acheminement de l’aide humanitaire et que 470 000 personnes sont en situation de famine extrême (dernière phase du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) selon Médecins du Monde.
C’est pourquoi, le Conseil régional des Hauts-de-France, fidèle à ses valeurs de solidarité et de défense des droits humains, se doit d’agir pour protéger les populations vulnérables, en particulier les enfants, et répondre à l’urgence humanitaire aggravée par l’entrave de l’aide humanitaire.
Le Conseil régional des Hauts-de-France réuni en séance plénière s’engage à verser une subvention exceptionnelle de 250 000 euros à la croix rouge et à l’UNICEF pour soutenir les victimes palestiniennes et les enfants de Gaza. Cette aide financera des actions prioritaires telles que la fourniture de kits d’hygiène, de vaccins, de denrées alimentaires, d’eau potable et un soutien psychologique pour les enfants affectés par le conflit.
Yannick Brohard :
Monsieur le Président, mes chers collègues, Ce qui se passe dans la bande de Gaza est horrible. Aucun de nous ne saurait y être insensible. Et peu importent les mots employés, aucun ne saurait décrire le sort des innocents frappés par la guerre et la folie des hommes. Plus de 40 000 morts sont à déplorer. Des pères, des mères, des enfants. Aucun n’est responsable des massacres terroristes du 7 octobre. Aucun n’a à subir la répression aveugle. Comme dans toutes les guerres, ce sont d’abord les populations civiles qui souffrent.
Alors quoi ? Parce qu’il est arabe, un enfant qui meurt ne mériterait pas la compassion ? Parce qu’il est Juif, un enfant qui vit serait responsable des crimes de son gouvernement ?
Cette motion chers collègues ne pense qu’à eux. Aux enfants de Gaza. Sans considération religieuse, politique ou politicienne. Serions-nous devenus aveugles et sourds à la misère qui frappe des dizaines d’enfants au prétexte qu’ils ne sont pas nés du bon côté d’une frontière forcément artificielle ? Devons-nous, indifférents et cyniques, hausser les épaules parce que leurs parents brandissent aussi fièrement que bêtement un drapeau ? Vous aimez rappeler, monsieur le Président, les valeurs de solidarité de la Région.
Cette solidarité qui nous a fait voter à l’unanimité 120 000 € d’aides aux populations arméniennes du Haut-Karabakh, puis 200 000 € d’aides d’urgence aux populations ukrainiennes. Je n’ose imaginer les raisons qui nous feraient aujourd’hui refuser une aide pour les enfants de Gaza. Refus qui d’ailleurs nous rendrait indignes du souvenir des aides nord-américaines aux communes de l’Aisne en 1918 ; indignes de l’aide britannique pour la reconstruction d’Arras détruite par les bombardements ; indignes des aides de l’UNRRA qui a fourni aux enfants du nord une aide médicale, des vêtements et de la nourriture jusqu’en 1947.
Mes chers collègues, le temps d’un vote, montrons-nous à la hauteur de notre histoire et de nos valeurs. Et ne laissons pas crever les enfants de Gaza.
Karima Delli :
Merci, Monsieur le Président. Chers collègues, depuis les attaques terroristes par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël qui ont tué au moins 1 200 personnes, nous sommes tous mobilisés ici, à raison, pour demander la libération immédiate des otages israéliens et il reste encore des personnes retenues. Nous continuerons à condamner ces attaques, ces enlèvements et à demander leur libération immédiate.
Cependant, nous ne pouvons pas être silencieux sur ce qu’il se passe à Gaza. Aujourd’hui, le conflit à Gaza a été meurtrier. Les enfants paient le prix de la guerre et des bombardements israéliens, et c’est inacceptable. Nous devons sauver les enfants de Gaza. Ils n’y sont pour rien.
Selon l’UNICEF, plus de 15 600 enfants ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre. C’est plus que le nombre d’enfants tués en 4 ans de guerre dans le monde entier. 34 100 enfants ont été blessés. Gaza compte le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde. 17 000 ont été séparés de leurs parents en raison des conflits ou se retrouvent seuls à la suite de la mort de ces derniers. Plus de 1 million d’enfants ont été déplacés. 11 200 autres ont été portés disparus et sont probablement sous les décombres.
Les enfants, dont la vie ne devrait jamais être réduite à des chiffres, font partie d’une liste longue et déchirante d’horreurs absolues.
Autrement dit, c’est la vie même qui est anéantie dans la bande de Gaza, dans des abris étroits, sans eau, ni nourriture, ni chauffage. Les familles connaissent des degrés de privation sans précédent. Depuis le blocage total de l’aide survenu en mars dernier, la faim et la malnutrition se sont considérablement aggravées dans cette enclave.
Ainsi, nous sommes en face de violations. Des violations graves des droits des enfants bafouent le droit international humanitaire et les droits de l’homme. L’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu permettrait de mettre un terme aux souffrances des enfants, des Palestiniens, des civils, ainsi que l’acheminement massif de l’aide au profit des populations, en particulier pour ces enfants palestiniens et d’enclencher un processus diplomatique débouchant sur la solution à deux États.
La France doit continuer de se mobiliser pour leur venir en aide. Elle a participé à plusieurs opérations d’évacuation médicale, dont la dernière en coordination avec l’Union européenne et l’OMS pour accueillir des patients palestiniens.
Permettez-moi de conclure en rappelant que la protection des enfants dans les conflits armés est une priorité absolue de la France qui doit rester mobilisée.
Ainsi, nous avons l’occasion de venir en aide aux enfants. Le Conseil régional doit envoyer un message clair de solidarité, d’humanisme. Il doit allouer une enveloppe de 250 000 euros pour l’aide humanitaire à Gaza en faveur de la Croix-Rouge et de l’UNICEF.
Nous devons offrir un avenir aux enfants de Gaza, à tous les enfants, pour qu’ils puissent vivre, étudier, grandir librement, en paix, en sécurité et pour pouvoir un jour rêver.