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M. le Président, chère·es collègues,
Le rapport qui nous est présenté montre que l’égalité femmes-hommes avance… mais qu’elle avance encore trop lentement, trop timidement, et même parfois à contretemps des réalités vécues par les femmes de notre région.
D’abord, reconnaissons-le : la Région a structuré sa gouvernance. Le réseau des référent·es s’étoffe, la DGS porte le pilotage, le CESER lui-même juge les échanges plus fluides. C’est un socle nécessaire.
Mais un socle n’est pas une politique. Et une politique sans évaluation, une promesse sans preuve.
Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 55% des agents sont des femmes, mais elles ne représentent que 31% des encadrant·es. Elles sont 85% des temps partiels, majoritaires dans les métiers les plus exposés et les moins reconnus, et pourtant elles ne sont que 27% des promu·es.
Dans son avis, le CESER pose une question simple mais redoutable : comment expliquer que seuls quatre agents du Pass’Management aient accédé à un poste d’encadrement ?
Autrement dit : à quoi sert un ascenseur social qui reste bloqué au rez-de-chaussée ?
Sur l’absentéisme, les chiffres sont encore plus alarmants : les femmes concentrent l’essentiel des arrêts longue maladie et des maladies professionnelles.
Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat direct d’une division sexuée du travail qui expose les agentes à la pénibilité, sans reconnaissance ni prévention adaptée.
La Région doit cesser de traiter la santé au travail des femmes comme un angle mort. Parce qu’un angle mort, c’est précisément le lieu où se produisent les accidents.
J’aimerais vous dire que ces chiffres sont une anomalie. Malheureusement, c’est un système qui se retrouve partout dans notre région, de la formation à l’emploi.
À l’échelle des territoires, la réalité est la même : une multiplication de dispositifs, sans vision systémique. Les zones rurales et périurbaines restent sous-dotées. Les dispositifs sont pertinents mais trop dispersés, rarement évalués, et encore trop peu pensés pour celles qui cumulent les freins.
Je veux le dire avec gravité : dans la région la plus touchée de France par les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons toujours pas d’indicateurs précis sur les actions menées, ni de suivi territorialisé. Nous n’avons toujours pas non plus de GT dédié, c’est pourtant la promesse maintes fois répétées de votre majorité. Las, je relance ma demande de le voir enfin lancé.
Nous parlons ici de vies brisées, de sécurité, de dignité.
Une politique publique sans données, c’est in fine une politique sans pilotage.
La Région a posé des fondations, nous le reconnaissons. Mais pour atteindre l’égalité réelle, il faut une chose simple et exigeante : passer de l’affichage à l’efficacité.
Cela veut dire évaluer, rectifier, territorialiser, et surtout, reconnaître enfin que les femmes ne demandent pas des dispositifs : elles demandent des résultats.
La Région a ouvert une porte. Il est temps, maintenant, d’entrer pleinement dans la pièce pour enfin atteindre pleinement l'égalité.
Je vous remercie.