Rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la revalorisation des centres-ville et centres-bourgs en Hauts-de-France
Télécharger l'annexeChers collègues, on parle des cœurs de ville, mais on oublie que certains battent de plus en plus lentement, et que quand le cœur ralentit, c’est tout le corps qui s’affaiblit. Dans nos centralités, ce sont les rideaux baissés, les logements dégradés, les services publics qui s’éloignent. Ce sont des rues qui perdent en activité, des quartiers où l’on voit reculer les signes de vitalité, de confiance, de présence. Pourtant, le centre, c’est le quartier de tout le monde.
Comme beaucoup ici, je suis élue locale et je sais que la revitalisation des centralités est un combat quotidien, dans un contexte budgétaire contraint, face à des logiques de métropolisation qui aspirent les ressources et les dynamiques. C’est pourquoi les dispositifs régionaux, les appels à projets et à manifestation d’intérêt sont des outils précieux, mais encore faut-il qu’ils atteignent leurs cibles et qu’ils produisent des effets.
Or, ce que montre le rapport de la Chambre régionale des comptes, c’est une forme d’écart inquiétant entre l’ambition affichée et la réalité du terrain. En effet, près de la moitié des crédits votés ne sont toujours pas consommés. Pourtant, les besoins, eux, explosent. Ce décalage interroge. Pourquoi tant de moyens restent-ils en réserve, alors que nos communes manquent de bras pour instruire, monter, coordonner les projets ? Pourquoi si peu d’évaluations qualitatives sur les effets concrets de ces politiques ? On finance, oui, mais est-ce que les habitantes et les habitants des Hauts-de-France sentent une amélioration de leur quotidien ?
Le rapport pose des questions utiles sur la capacité des collectivités à accéder au dispositif, la lisibilité des critères, l’absence d’analyse d’impact. Il appelle à un bilan à mi-parcours. Il est indispensable, pas seulement pour vérifier des taux de réalisation, mais pour comprendre ce qui fonctionne, ce qui coince et pour redonner du sens à nos politiques publiques. En effet, ce qui est en jeu, ce n’est pas simplement une ligne budgétaire ou un appel à projets de plus, ce sont des morceaux de territoire que l’on veut faire revivre, et cela suppose de l’engagement, de l’écoute et une volonté claire d’agir partout où les inégalités territoriales prennent racine.