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Télécharger l'annexeMonsieur le Président, mes chers collègues, vous connaissez sûrement ce chef-d’œuvre de la comédie américaine qu’est Un jour sans fin (de Harold Ramis) dans lequel le personnage incarné par Bill MURRAY est condamné à revivre éternellement la même journée. Au conseil régional, c’est un peu la même chose, mais en beaucoup moins drôle.
Comme tous les ans, vous proposez une dotation globale de fonctionnement en baisse (de 2 % cette année) pour faire fonctionner les lycées de la région, avec en plus ce tour de magie sémantique qui consiste à dire que c’est moins grave que si cela avait été pire. Une diminution de 2 % donc, et même de 7 % si l’on prend en considération la totalité de la dotation versée pour l’année 2025. En euros constants, cette DGF est même inférieure à celle de 2021, comme si l’inflation de ces dernières années avait miraculeusement épargné les lycées. Or, pour tenir des budgets ainsi contraints, les lycées devront forcément couper dans les dépenses, à commencer par les activités pédagogiques.
Déjà, l’année dernière, la DGF s’était révélée être insuffisante pour des lycées à l’os dont le fonds de roulement serait dû à la portion congrue. Comme le rappelle le rapport du CESER, à l’avenir, le nouveau mode de calcul fragilisera cette DGF, mais peu vous chaut dans la mesure où vous pensez que les gestionnaires n’auront qu’à mettre les bons montants dans les bonnes cases. Je pense qu’ils apprécieront cette remarque un brin paternaliste, d’autant que je vous rappelle que la dotation étant globale, les sommes de la DGF ne sauraient être fléchées, y compris vers les dépenses de viabilité.
On regrettera également que le nouveau mode de calcul ne tienne pas compte des indices de position sociale, ce qui permettrait d’apporter un peu de justice sociale dans l’école publique (elle en a tant besoin).
Finalement, vous seuls serez satisfaits de cette DGF 2026 à la différence des enseignants, des agents et des élèves pour qui l’environnement professionnel se dégradera forcément, et à la différence également des gestionnaires et des proviseurs qui peineront à équilibrer leur budget dans 2 mois. Et il y a fort à parier que, encore une fois, de nombreux conseils d’administration rejetteront les budgets proposés, tout comme nous le ferons avec cette proposition de DGF. Je vous remercie.