DÉLIBÉRATION - 9 octobre 2025

« Feuille de route Eau 2025-2028 » et nouveau dispositif « PREO » (Préserver Retenir Évacuer Organiser)

Adoptée
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POUR
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CONTRE
Environnement

Exposé des motifs

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En séance - intervention(s)

Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, chers collègues, avant toute chose, je tiens à souligner le fait que, une fois n’est pas coutume, nous discutons des sujets de biodiversité et d’environnement en séance plénière. En effet, depuis le lancement de cet hémicycle, nous avons très peu eu l’occasion d’aborder en séance plénière ces questions qui, pourtant, sont essentielles. Donc, aujourd’hui, on en profite pour parler de deux sujets vitaux que sont la biodiversité et la question de l’eau. Par ailleurs, nous venons de débattre de la stratégie régionale pour la biodiversité dont la feuille de route est un prolongement naturel de la question de l’eau que nous allons aborder.

Dans un premier temps, nous nous félicitons que la région prenne stratégiquement cette question en main, car à l’heure du dérèglement climatique – et le CESER l’a parfaitement résumé – nous sommes passés de « l’eau facile » à « l’eau fragile ». Notre région, qui est riche de 19 000 kilomètres de cours d’eau et de 210 kilomètres de côtes, dépend quasi exclusivement des nappes souterraines pour son eau potable. Mais ces nappes s’épuisent, se polluent, alors que les épisodes climatiques extrêmes s’enchaînent.

Depuis 2022 – cela a été dit – entre les années déficitaires en eau et les épisodes d’inondations dramatiques, nous connaissons le double visage du dérèglement climatique qui, désormais, est notre quotidien. En 2023, l’ARS Hauts-de-France signalait déjà que près de 40 % des captages d’eau potable présentaient des dépassements des seuils en nitrates ou pesticides. C’est le cas notamment des contaminations au chlorothalonil (fongicide interdit depuis 2019) qui ont conduit à de nombreuses restrictions ou à des mélanges d’eau temporaires, et qui ont mis en péril de nombreux captages d’eau en région.

Nous rappelons la clarté de cette feuille de route, bien que – et le CESER l’a également dit – le budget annoncé paraisse relativement dérisoire au vu des enjeux soulignés dans cette délibération. A titre d’exemple, les régions Bretagne et Grand Est engagent des budgets beaucoup plus élevés sur ces questions. Nous avons donc un texte cohérent, certes, mais qui manque de moyens et qui a peu d’objectifs chiffrés que nous aimerions voir apparaître bien davantage.

Cette feuille de route est en écho à la stratégie reconquête biodiversité. Par exemple, la préservation des zones humides, la restauration de la trame bleue, ou encore les désimperméabilisations sont à la fois des vecteurs de protection de la faune sauvage et de la ressource en eau. Cette feuille de route, comme celle sur la biodiversité, met l’accent sur la restauration des milieux, mais elle n’engage – en tout cas, nous le voyons peu dans cette délibération – aucune action pour lutter contre l’artificialisation. Une politique de l’eau doit être à l’avant-garde du zéro artificialisation nette, et non une victime collatérale de sa disparition.
Dans un territoire où les nappes alimentent parfois au-delà des zones de captage, la question du partage et de l’interconnexion doit permettre de penser la solidarité hydrologique. Cette dimension nous paraît relativement absente de ce texte.

Autre absence de ce texte – et non des moindres : la question du canal Seine-Nord Europe et ses conséquences sur les bassins d’alimentation en eau (et sur l’hydrologie d’une manière générale dans notre région).

En conclusion, nous allons bien évidemment voter ce texte parce qu’il instaure une véritable vision de l’eau en région qui était nécessaire et indispensable. Toutefois, nous mettons, en garde sur les moyens très faibles qui sont visibles dans cette délibération, et avons peur que le vœu pieux de cette délibération ne soit pas suivi d’actes en raison de moyens trop insuffisants. 

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