Aucun exposé n'a encore été renseigné dans cette fiche
Monsieur le Président, mes chers collègues
Après les dotations complémentaires, voici les dotations de secours. A quand les dotations exceptionnelles, les dotations des 10 ans, les dotations du jubilé, les dotations bissextiles et, soyons fous, les dotations de la pleine lune ?
Plus sérieusement, cette délibération propose de valider le cadre d’intervention de dotations de secours aux Etablissements Publics Locaux d’Enseignement rencontrant des difficultés budgétaires que vous avez vous-même créées. Pour le dire autrement, c’est l’illustration de l’expression pompier-pyromane.
Et c’est un aveu d’échec du mécanisme que vous installez. En amputant année après année les dotations initiales de fonctionnement, vous avez délibérément réduit la marge de manœuvre des lycées. Aujourd'hui, l'urgence que vous prétendez traiter n'est en fait que la conséquence directe de votre logique d'austérité budgétaire.
Par ailleurs, si la dotation initiale est une garantie de l’égalité républicaine, le principe de la dotation exceptionnelle introduit quant à lui une part d’arbitraire. On passe d’un financement de droit à une logique de guichet dans laquelle vous contribuez à transformer les chefs d’établissement en solliciteurs et en chasseur de subventions.
A la justice territoriale, vous préférez la charité régionale. C’est là un point de désaccord majeur entre nous.
Monsieur le Président, ne serait-il pas moins infantilisant et plus efficace de doter dès le départ les EPLE des moyens suffisants de fonctionner correctement, sans contraindre les dépenses par des artifices comptables et des versements au compte goutte ? Pensez-vous vraiment que les agents comptables ou les personnels de direction des lycées des Hauts-de-France dépensent sans souci d’économie les deniers publics ? Cette façon de faire, pour l’avoir vécue et pour en parler régulièrement avec les principaux concernés, empêche toute anticipation et fragilise des personnels qui travaillent dans l’incertitude permanente.
Alors bien sûr que nous voterons cette délibération, dans l’intérêt des élèves et des équipes pédagogiques. Mais nous leur disons aussi que cette dotation de secours n’est pas un bonus, mais le remboursement partiel de ce que vous aviez rogné dans les budgets initiaux. Et comptez sur nous, dès septembre, pour réclamer un retour à des dotations initiales dignes de la première compétence de notre région.