Approbation du Plan d’Action commun en matière de Mobilité Solidaire (PAMS) du Bassin de mobilité Grand Amiénois – Grand Roye
Adoptée
164
POUR
0
ABSTENTION
0
CONTRE
Transports
Exposé des motifs
La loi d’orientation des mobilités (LOM) demande aux régions, en binôme avec les départements, de piloter l’élaboration des plans d’actions communs en matière de mobilité solidaire (PAMS) afin que l’ensemble des acteurs d’un même bassin de mobilité se coordonnent mieux pour accompagner les personnes vulnérables dans leurs déplacements quotidiens, notamment pour accéder à l’emploi. Parce que c’est un outil qui lui permet d’atteindre de manière opérationnelle des objectifs fixés dans son Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET), la Région Hauts- de-France est particulièrement volontariste pour mener cette démarche qui s’inscrit également dans son rôle de chef de filât mobilité. C’est ainsi la première région à avoir engagé ces travaux sur l’ensemble de ses bassins de mobilité, en lien étroit avec les 5 départements et l’Etat, avec le concours du Commissariat à la lutte contre la pauvreté, qui cofinancent l’assistance à maitrise d’ouvrage.
A l’issue de près de 2 ans d’échanges et de réflexions, le PAMS du Grand Amiénois – Grand Roye peut être signé par l’Etat, la Région, le Département de la Somme, Hauts-de-France Mobilités, les 7 autorités organisatrices de la mobilité (AOM) présentes sur ce bassin et par les 2 communautés de communes où la Région est AOM par substitution. Il s’agit du premier PAMS finalisé en France. Ce premier PAMS adopté en Hauts-de-France et au niveau national, met en particulier l’accent sur la nécessité de valoriser et de mieux faire connaître les nombreux dispositifs et services existants. En s’inscrivant dans la dynamique initiée lors de l’élaboration de ce document, les 16 actions retenues visent à renforcer l’écosystème de la mobilité solidaire et à poser les bases solides d’un partenariat pour mieux se coordonner, mutualiser les moyens, gagner en efficacité et garantir une mobilité solidaire et équitable
Karima Delli : Mes chers collègues, cette délibération vient pour la première fois mettre à l’honneur notre région, puisque nous serons la première région capable de mettre en place un plan d’action en matière de mobilité solidaire.
Tout d’abord, je voudrais remercier du fond du coeur les services pour leur travail extraordinaire, également les techniciens. Pour mettre en place ce plan d’action, il a fallu travailler sur l’ensemble des données, notamment pour détecter les bassins de mobilité. Les bassins de mobilité, ce sont les bassins de vie des gens. C’est la raison pour laquelle ce travail était minutieux. Je le dis, Monsieur ENGRAND, merci pour votre travail au sein de cette commission.
Nous devons devenir le territoire pionnier en matière de mobilité solidaire, c’est la raison pour laquelle je pense que, demain, l’information réelle de ces plans d’action de mobilité solidaire doit répondre et être acquise par l’ensemble des acteurs. Parfois, l’information n’est pas acquise et l’ensemble des acteurs ne sont pas au courant. C’est la raison pour laquelle ces plans devront mettre l’accent pour coopérer avec les autorités publiques en charge de la mobilité, de l’insertion et de l’emploi, de l’autonomie, les opérateurs de mobilité, les associations, France Travail, les missions locales, les employeurs, et « mettre le paquet » sur les publics, notamment les ménages précaires, les bénéficiaires du RSA et les personnes en situation de handicap.
Selon les lieux où on habite, la mobilité n’est pas la même. Selon que l’on a un revenu ou que l’on n’en a pas, la mobilité n’est pas la même. C’est la raison pour laquelle il faudra mettre l’accent sur des services spécifiques, notamment les transports à la demande, dont il faudra renforcer réellement l’accessibilité, notamment dans les zones très denses, ou les garages solidaires, par exemple, qui viendront pratiquer des tarifs adaptés aux personnes les plus précaires. Pour cela, aussi, il faudra que nous prenions l’habitude de manière assez courante d’accompagner les publics vulnérables, qui passent souvent en dehors de tous les arbitrages. Lorsqu’on met en place un conseil de mobilité, on voit que ces populations ne sont pas forcément les premières à venir déployer leur parole. C’est la raison pour laquelle il faudra que ces lieux soient ouverts, faire en sorte que tout le monde puisse s’établir et, par rapport à l’automatisation de ces publics, faire en sorte que les services soient à la hauteur.
Je me réjouis de cette délibération, et je voudrais vous dire que nous allons la voter.
Julien Poix : Premièrement, peut-être pouvons-nous aller encore plus loin, en effet, Monsieur ENGRAND, sur l’effort d’harmonisation avec les départements sur les structures existantes. La Somme est en pointe avec sa plateforme de mobilité solidaire, et des choses se font aussi dans le Pas-de-Calais. La région pourrait articuler tout cela pour rendre au plus vite ces PAMS encore plus efficaces et opérationnels. Ce sont des documents que nous soutenons et qui sont essentiels pour notre avenir.
Deuxièmement, l’amélioration de l’information, c’est l’enjeu n° 1 qui est évoqué dans les PAMS, pour montrer l’étendue de l’offre avec un portail unique, une porte d’entrée unique. Je l’avais dit en commission, je vous invite à passer par l’existant sans recréer des choses. Hauts-de-France Mobilités, par exemple, pourrait être le bon guichet unique pour centraliser ces mobilités dans notre région via son support unique, la carte Pass Pass. Bien sûr, l’annuaire des services de mobilité est une bonne chose, le club des mobilités est une bonne chose, mais, surtout, ne sautons pas au-dessus de l’existant et de Hauts-de-France Mobilités. Je sais savoir que vous ne le ferez pas, Monsieur ENGRAND, Monsieur COULON.
Troisièmement, le SRADDET pointe aussi des enjeux intéressants à améliorer, notamment sur l’aire centrale de Lille, où il y a encore des problèmes pour l’accès à la mobilité des personnes vulnérables, ce n’est pas seulement dans les zones loin des pôles centraux que sont Amiens et Lille.
Autre chose, la question de l’effet frontière. Le PAMS pourrait aider à briser cet effet frontière, notamment dans la question des mobilités des travailleurs transfrontaliers, dont j’ai parlé tout à l’heure. En moyenne, 80 % des actifs sur les dix bassins de mobilité dans notre région prennent leur voiture chaque jour pour aller au travail. Il y a là un levier d’action énorme, notamment en matière de décarbonation.
Je termine par un sujet que nous avons évoqué hier en Syndicat mixte des ports intérieurs : la question de l’accès des travailleurs aux zones d’activité, aux zones industrielles. Il faudrait élargir les acteurs économiques que nous pouvons associer dans le cadre des PAMS, notamment en associant le Syndicat de mobilité des ports intérieurs, comme je l’ai proposé hier. Je sais pouvoir rencontrer sur ce point un écho favorable au sein de votre majorité.
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