Les élu·es écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France ont appris avec stupeur, par voie de presse, que la majorité régionale allait appliquer de nouvelles augmentations tarifaires sur le réseau TER d’ici 2028. À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, c’est un nouvel affront fait aux usager·es du quotidien.
Depuis plusieurs mois, la majorité régionale s’emploie à déconstruire le service public ferroviaire. Cet été, elle a annoncé unilatéralement la réduction des horaires des guichets TER dans plus de 80 gares de la Région, sans consulter ni les élu·es locaux, ni les élu·es régionaux. L’an dernier, une hausse de 4,5 % avait déjà été votée. En 2025, c’est 5,5 % supplémentaires qui s’appliqueront, bien plus que l’inflation prévue par la Banque de France. En septembre, le prix du titre unitaire pour les cars interurbains a doublé. Et voilà qu’une nouvelle hausse est d’ores et déjà prévue pour 2026 et pour les années qui suivent, alors que le pouvoir d’achat reste une préoccupation centrale pour les habitants de la Région.
Pour justifier ces choix, la majorité invoque l’impossibilité pour la Région « d’absorber l’inflation ». Mais nous rappelons que Xavier Bertrand et son équipe ont fait le choix politique et dogmatique de se priver d’une ressource nouvelle et pérenne : le versement mobilité régional. Cette contribution, équivalente à 0,15 % de la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés, aurait permis de dégager près de 80 millions d’euros chaque année. Ajoutée à notre proposition rejetée de remettre à niveau la taxe sur la carte grise, ce sont près de 160 millions d’euros supplémentaires qui auraient pu être mobilisés pour financer le TER et renforcer les transports collectifs, au lieu de faire peser l’effort uniquement sur les usagers. Actuellement, la majorité régionale préfère se servir dans le portefeuille des usager·es des transports ferroviaires que de demander les moyens nécessaires à l’Etat qui ponctionne injustement nos ressources régionales .
Cette décision intervient dans un contexte qui voit les revenus de nos concitoyens stagner et augmenter moins vite que l’inflation. De ce fait, les annonces de M. Coulon qui prévoit désormais une hausse annuelle des tarifs du TER très au-delà de l’inflation, sont une attaque en règle contre le pouvoir d’achat et le budget des ménages. Les régions ne sont pas là pour mettre la tête sous l’eau des usagers, le gouvernement le fait déjà !
Gouverner c’est choisir : le Président Bertrand a fait le choix de cibler les usagers qui utilisent quotidiennement le TER plutôt que d’en appeler à la solidarité du secteur privé. Anti-démocratique sur la forme, la décision d’augmenter à nouveau les tarifs est antisociale et anti-écologique sur le fond.
Les élu·es écologistes resteront pleinement mobilisés aux côtés des usager es et des cheminots qui font vivre le train au quotidien et voteront contre cette nouvelle hausse, comme contre toutes les délibérations qui fragilisent le service public. Nous continuerons à défendre un service ferroviaire accessible, financé équitablement, et indispensable à la transition écologique de notre Région.
Les élu·es Écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France
Télécharger le communiqué en format PDF