Les élu·es écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France s’alarment de récentes orientations et décisions concernant la politique ferroviaire régionale, qui vont à l’encontre des objectifs de transition écologique et qui pénalisent une nouvelle fois les usager·es.
La délégation écologiste à découvert qu’à partir de juillet prochain, la Région, en lien avec la SNCF, prévoit de rendre la réservation vélo obligatoire sur certaines lignes de TER, dont les lignes K12 (Paris Nord – Lille Flandres), K13 (Paris Nord – Cambrai), K14 (Paris Nord – St-Quentin), K16 (Paris Nord – Calais), K21 (Amiens – Calais Ville) et K70 (Lille – Dunkerque). Cette mesure, annoncée par la SNCF “pour garantir la sécurité et améliorer le confort à bord” constitue en réalité un frein majeur à l’intermodalité.
Dans une période où l’on devrait grandement faciliter le passage de la voiture individuelle vers des modes de transport doux et décarbonés, imposer des contraintes supplémentaires sans concertation préalable avec les associations d’usager·es aux cyclistes est un non-sens climatique et un moyen dissuasif de prendre le train.
Une mesure qui vient s’ajouter comme un poids à un contexte déjà complexe pour les usager·es du service TER Hauts-de-France après une augmentation de la tarification en début d’année. La délégation écologiste avait voté contre cette augmentation, jugeant que ce n’est pas aux usager·es de payer.
Par ailleurs, la délégation écologiste a pris connaissance de l’évocation d’une possible taxe sur le ferroviaire pour financer le renouvellement du rail, une idée issue de la conférence sur les financements des transports. Bien que non encore actée, nous nous opposons fermement à une telle mesure, qui risquerait d’entraîner une hausse des tarifs pour les usager·es, y compris sur les lignes régionales. Faire peser le coût du rail sur les voyageurs, c’est une nouvelle fois décourager les mobilités durables au profit de la voiture individuelle. Au-delà d’être une logique à rebours des priorités climatiques, c’est une logique irresponsable.
La logique qui doit primer est celle des pollueurs-payeurs. C’est en ce sens que nous appelons – de longue date et une nouvelle fois – à la mise en place d’une écotaxe sur les poids lourds et le transport routier de marchandises, responsables d’une large part de la pollution, de l’usure des infrastructures et des émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas aux usager·es de payer le renouvellement des infrastructures ferroviaires, ils y contribuent déjà assez !
Pour Karima Delli, présidente du groupe “Pour le Climat, Pour l’Emploi” au conseil régional : “Taxer les billets de train pour financer le rail ? C’est absurde ! Le train, c’est le mode de transport le plus écologique, le plus sûr et le plus sobre en énergie. Il faut le rendre plus accessible, pas plus cher. Faisons plutôt payer les vrais pollueurs : kérosène, poids lourds, concessions autoroutières qui s’enrichissent sur le dos du climat. Et maintenant, on complique encore l’accès aux vélos dans les trains ? C’est l’inverse qu’il faut faire : favoriser l’intermodalité, pas la freiner !”
La délégation écologiste continuera à se battre pour une politique des transports régionaux qui favorise le train, la sobriété et la justice.
Les élu·es Écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France
Télécharger le communiqué en format PDF