Depuis la crise sanitaire du COVID, la précarité des étudiants est un sujet majeur enfin mis en lumière. Dans notre Région, 44% des étudiants des Hauts-de-France sont en situation de vulnérabilité économique, sociale et psychologique.
Dans la poursuite d’un dispositif de la Région Picardie initié en 2007, la Région Hauts-de-France a d’abord mis en place en 2016 une aide de 100 repas gratuits en restauration scolaire pour les formations sanitaires et sociales dont elle a la compétence mais uniquement sur le territoire de l’académie d’Amiens.
Lors de la crise du COVID, ce dispositif efficace a été étendu à toute la Région via des conventions avec les CROUS de Lille et d’Amiens, d’abord pour certains étudiants boursiers puis, pour l’année 2020/2021, à tous les étudiants en situation de précarité. L’objectif était de “permettre la poursuite de leurs études dans des conditions plus favorables en bénéficiant de repas gratuits et équilibrés” et de “participer à la réduction de la précarité étudiante dans un territoire où le taux des étudiants boursiers 35 % dépasse de loin la moyenne nationale (27 %)”.
Un peu après en 2020, l’État a réagi à cette précarité grandissante par un tarif réduit de 1€ pour la restauration universitaire, d’abord pour les boursiers puis sans définir des conditions de revenus, avant de revenir en arrière dès 2021.
Alors que la précarité étudiante s’accentue en raison de l’inflation des prix, la Région a décidé en juillet 2024 de stopper les aides aux repas gratuits pour les étudiants les plus boursiers dès la rentrée de septembre 2025, et a ainsi supprimé 2 millions d’€ d’aide aux étudiants, dont un tiers pour les étudiants picards.
Le budget du Fonds Régional Social d’Urgence (FRSU) a été réduit de 480 000 € entre 2024 et 2025. Il n’est de toute façon que peu utilisé et rarement pour des questions alimentaires.
Ces 2,5 millions d’euros de restrictions budgétaires traduisent une logique d’économie sur le dos des plus précaires. Ce désengagement laisse les étudiantes et étudiants les plus fragiles assumer seuls le coût de la vie. Les étudiants n’ont pas à choisir entre se loger, s’équiper ou se nourrir.

Lors de la dernière séance plénière du Conseil régional, nous avons proposé un vœu pour que “La Région Hauts-de-France dénonce la précarité étudiante et appelle à un grand effort national d’urgence”. Il a été refusé par la majorité régionale avec l’argument que la précarité étudiante n’était plus de sa compétence.
La délégation des Écologistes des Hauts-de-France dénonce avec force cette politique injuste et demande le rétablissement du dispositif des 100 repas gratuits, une communication adaptée ainsi qu’un renforcement des moyens du FRSU. La Région doit être un acteur de solidarité et d’égalité des chances, pas un facteur d’exclusion. Plutôt que de rogner sur la jeunesse, nous appelons à réorienter les dépenses vers des politiques réellement utiles socialement et écologiquement.