Demain, le Conseil régional se réunira enfin pour débattre,et sans doute adopter, le budget 2026 de notre collectivité. Un budget présenté avec un retard inédit : nous sommes les derniers en France à l’examiner, après un trimestre entier durant lequel la Région a fonctionné au ralenti, économisant par choix. On nous dit que cette attente en valait la peine. Les faits démontrent l’inverse.
Il y a deux mois, lors du débat d’orientations budgétaires, les constats étaient déjà alarmants. Thomas HUTIN, repris par Xavier Bertrand, évoquaient un « braquage en banque organisée » de 200 millions d’euros par an. Même la droite sénatoriale a amputé la Région de 40 millions d’euros de DCRTP, un fond de compensation. Dans le même temps, la majorité régionale a refusé d’activer les leviers fiscaux utilisés par de nombreuses autres Régions, privant notre territoire de 160 millions d’euros de marges de manœuvre. Un symbole regrettable.
Depuis, le contexte s’est encore durci : guerre au Moyen-Orient, crise énergétique, inflation persistante, hausse des taux d’intérêt, tensions sociales, élections municipales… Et malgré cela, la Région a découvert 84 millions d’euros de recettes exceptionnelles.
Ces recettes exceptionnelles auraient pu être une bonne nouvelle pour les habitants. Pourtant, malgré une légère reprise des recettes (+43 M€), la majorité choisit de réduire encore les dépenses d’interventions (-40 M€), soit autant en une année que sur les trois précédentes. « Quand ça baisse, il y a forcément des conséquences », nous avait-on dit. Les conséquences sont là : un désengagement massif.
Les recettes progressent faiblement (+9 M€), hors fonds européens. Les dépenses réelles, elles, reculent de 31 M€.
Dans le contexte d’une crise énergétique et écologique, les politiques indispensables à la transition écologique (TRI, REV3 et biodiversité) voient leurs enveloppes se réduire encore comme peau de chagrin.
On nous annonce une hausse de 20 M€ pour les lycées. En réalité, il s’agit principalement de crédits liés à la sécurisation et à la remédiation après la cyberattaque : une dépense contrainte, non un choix politique.
Quant aux transports, les difficultés persisteront.
Malgré ces coupes sévères, la Région la plus endettée de France prévoit un nouveau record d’emprunt : 551 M€. La dette dépassera les 4,4 milliards d’euros, avec une capacité dynamique de désendettement portée à 13 ans, bien au-delà du seuil d’alerte de 10 ans. Le tout dans un contexte de forte incertitude sur les taux d’intérêt.
Face à ce retrait de la puissance publique régionale, nos groupes interviendront par chapitres pour mettre en lumière les renoncements de la majorité. Nos amendements viseront à préserver l’essentiel, autant que possible, sans illusions sur l’issue du vote.
Quoi qu’il en soit, ce budget acte un nouveau renoncement. Une Région qui recule depuis 2024. Un recul pour les habitants des Hauts-de-France en pleine crise énergétique, sociale et environnementale. Une triste année pour celles et ceux qui y vivent.