Lille, le vendredi 12 septembre 2025
La délégation écologiste a alertée à plusieurs reprises de la volonté de la majorité régionale de mettre fin aux 100 repas gratuits pour les étudiantes et étudiants les plus précaires. Déjà en 2024, nous avions voté contre cette délibération et interpellé la majorité sur ses conséquences sociales, sans jamais obtenir de réponse. Et à ceux qui justifient cette décision par la compensation qu’offrirait le FRSU, rappelons que le budget 2025 réduit également de 480 000 € les crédits du Fonds Régional Social d’Urgence (FRSU), soit une baisse de 21 %. Cela confirme nos craintes : la Région a choisi de reculer sur la solidarité étudiante.
Ce dispositif simple et concret permettait pourtant à de nombreux jeunes de se nourrir dignement dans un contexte d’inflation et de pauvreté croissante. Il est désormais remplacé par un parcours bureaucratique : il faudra déposer un dossier pour bénéficier du Fonds Régional Social d’Urgence via le CROUS après examen par son service social. Une étape supplémentaire, destinée à décourager plutôt qu’à soutenir, et qui transforme un droit en un parcours d’obstacles.
Alors que la croissance de la précarité alimentaire des étudiantes est manifeste, la majorité régionale ose justifier l’arrêt du dispositif en affirmant que seule la moitié des étudiants éligibles en bénéficiait. Cet argument est fallacieux : si tous les étudiants n’en profitaient pas, c’est précisément parce qu’aucune communication n’avait été faite pour les informer de ce droit. Seuls les étudiants déjà aguerris et bien renseignés pouvaient y accéder. Plutôt que de corriger ce défaut d’information, la majorité a choisi de supprimer purement et simplement le dispositif.
Ce double mouvement, suppression d’un droit simple et réduction des moyens du fonds d’urgence, traduit une logique d’économie sur le dos des plus précaires. Derrière un discours d’aide maintenue, la réalité est celle d’un désengagement : on complexifie l’accès, on réduit les enveloppes, on laisse les étudiantes et étudiants les plus fragiles assumer seuls le coût de la vie. Les étudiants n’ont pas à choisir entre se loger, s’équiper ou se nourrir.
La délégation écologiste dénonce avec force cette politique injuste et demande le rétablissement du dispositif des 100 repas gratuits, une communication adaptée ainsi qu’un renforcement des moyens du FRSU. La Région doit être un acteur de solidarité et d’égalité des chances, pas un facteur d’exclusion. Plutôt que de rogner sur la jeunesse, nous appelons à réorienter les dépenses vers des politiques réellement utiles socialement et écologiquement.
Nous appelons enfin les citoyennes et citoyens à se mobiliser pour défendre un droit essentiel : celui de pouvoir étudier et se nourrir.
Les élu·es Écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France
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