DÉLIBÉRATION - 12 décembre 2024

Rapport annuel sur la situation en matière de développement durable 2023

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Rapport

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En séance - intervention(s)

Chers collègues, nous le savons, notre région est et sera l’une des régions mondiales les plus touchées par les effets du réchauffement climatique. Inutile de rappeler les épisodes d’inondation vécus l’an dernier, notamment dans le Pas-de-Calais. Notre région a également parmi les pires indicateurs de biodiversité en France, notamment sur son versant Nord, et l’effondrement de la biodiversité, que ce soit de la faune ou de la flore sauvage, y est d’ores et déjà en cours. Avec ce rapport de 140 pages, qui montre un certain travail sur la question et sur le sujet, nous observons plutôt à une hagiographie de REV3 qu’à un véritable rapport sur le développement durable, ce qu’ont souligné les interlocuteurs précédents. Au-delà de ce petit mot, évidemment, la lecture du rapport montre que la région et ses services agissent et travaillent, certes, mais avec un prisme très fortement économique. Le premier point, cela a été souligné par le CESER, est que, en matière de développement durable et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le meilleur moyen de juger de l’action d’une structure est de se doter d’outils qui permettent de juger concrètement de l’efficacité des politiques menées, en l’occurrence cela peut être un bilan carbone, en tout cas une véritable manière méthodologique de juger des effets en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’efficacité de lutte contre l’effondrement de la biodiversité, par exemple. En trois minutes, il est difficile d’être exhaustif, je ne prendrai donc que quelques petits points qui, par ailleurs, ont déjà été abordés. La question des lycées est évoquée dans ce rapport, par ailleurs avec un verbiage parfois difficilement compréhensible, encore une fois en termes d’efficacité. Des travaux sont engagés, c’est indiqué dans le rapport, ils sont réels, mais beaucoup trop de lycées en région sont encore des passoires énergétiques qui ne permettent pas de bonnes conditions d’enseignement et qui occasionnent des coûts très élevés, ce que nous voyons aujourd’hui dans la situation économique de certains lycées en difficulté. S’agissant des transports, la volonté de décarbonation et la politique qui est menée ont certes des effets, mais, en ce qui concerne les TER notamment, pour toutes celles et ceux qui souhaitent des moyens de déplacement décarbonés, on voit bien que le service a tendance à se dégrader d’année en année et qu’il est de plus en plus difficile sur certaines lignes de se passer efficacement de la voiture pour prendre le train. Les collègues qui prennent le train pour venir au Conseil régional le jeudi matin le savent, en tout cas sur certaines lignes, il est très compliqué d’avoir une place assise. Cela ne motive pas un certain nombre de personnes de manière efficace à se passer de la voiture. Concernant les entreprises, là aussi le sujet a été évoqué, mais la conditionnalité des aides en vertu des objectifs du développement durable n’est pas assez élevée. Un exemple très concret : Rockwool, qui a des effets colossaux en termes de réchauffement climatique et de production d’énergie, ne devrait pas avoir accès aux aides de la région, en vertu des objectifs du développement durable. La biodiversité, nous l’avons évoquée. L’effondrement est en cours, et le soutien politique disproportionné accordé aux associations de chasse va à l’encontre des objectifs du développement durable en matière de protection de la faune, et le vœu qui sera discuté tout à l’heure en est un exemple frappant. L’anticipation et l’adaptation aux effets du réchauffement climatique devraient être une politique portée financièrement et économiquement de manière très forte et ambitieuse. Il y a certes un fonds d’aide pour les effets des inondations et des catastrophes climatiques, il est réel et nous le soulignons à chaque Commission permanente notamment, mais nous ne serons pas en mesure d’habiter durablement notre région et nos territoires si nous ne sommes pas en mesure d’anticiper les effets du réchauffement climatique, qui seront de plus en plus dramatiques, et de mettre les moyens pour nous y adapter. En conclusion, cela a été dit, nous aussi souhaiterions que ce rapport soit un véritable rapport de développement durable plutôt qu’une présentation de la politique REV3, qui n’est pas inintéressante, mais qui n’englobe pas l’intégralité de ce que doit être le développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité pour une région comme celle des Hauts-de-France qui sera très impactée dans le futur par les conséquences des causes.

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