Pour une IA vraiment avec nous : utilité, sobriété et transparence

11 juin 2026

La Région Hauts-de-France organise du 12 au 19 juin son grand sommet et festival consacré à l’intelligence artificielle. Les élus écologistes souhaitent faire de cet événement un véritable débat démocratique sur les usages de l’IA, ses impacts et les choix de société qu’elle implique.

Pendant que la Région déroule le tapis rouge à l’IA, des data centers sont en projet sur des terrains agricoles comme à La Brayelle et Le Bosquel. Ces projets stérilisent des terres dont notre souveraineté alimentaire a besoin. Pendant que le festival promet de construire « l’IA de demain », le nombre précis d’hectares, de mégawatts ou de millions de litres d’eau qui seront engloutis dans les projets de data centers de notre région reste inconnu.

Les Hauts-de-France sont déjà l’une des régions les plus consommatrices d’électricité de France. Y ajouter des data centers énergivores, sans transparence sur leurs consommations réelles, est incompatible avec la Troisième Révolution Industrielle que notre région porte depuis des années.

Alors que les partisans de ces projets, dont Xavier Bertrand, agitent la promesse d’emplois, une fois la phase de conception et de construction terminée, un data center n’emploie qu’une poignée de techniciens. Nos friches doivent être mises au service de la relocalisation d’emplois industriels durables.

L’IA n’est pas neutre. Derrière la promesse de « progrès pour tous », il y a des choix politiques : qui possède les données ? Qui bénéficie de l’automatisation ? Quelles utilisations de l’IA voulons-nous financer collectivement, et lesquelles refusons-nous de subventionner ? Les écologistes défendent une IA sobre en ressources, au service du bien commun, transparente dans ses usages, et dont les bénéfices ne s’évaporent pas dans les paradis fiscaux des géants du numérique.

Pour Katy Vuylsteker, conseillère régionale en charge des questions de transition énergétique et industrielle, « Construire l’IA de demain dans les Hauts-de-France sur les terres agricoles à La Brayelle et Le Bosquel, avec une explosion des consommations énergétiques et sans consulter les habitants : ce n’est pas l’IA avec nous. C’est l’IA malgré nous. Nous voulons des projets utiles, sobres et transparents, à commencer par la publication systématique des consommations réelles des data centers. »

Karima Delli, présidente du groupe Pour le climat et pour l’emploi ajoute, « Nous ne sommes pas opposés à l’intelligence artificielle, au numérique ou à l’innovation. Mais dans une région où chaque hectare de terre, chaque mégawatt d’électricité et chaque euro d’investissement comptent, nous devons nous demander quelles sont nos priorités. Les ressources que nous consacrons à certains projets manqueront à d’autres. Notre responsabilité est donc de soutenir les innovations qui répondent à des besoins réels, créent des emplois durables et contribuent à la transition écologique, plutôt que de céder à une course technologique dont les bénéfices restent à démontrer. »

La délégation écologiste sera présente au sommet pour y porter une vision exigeante et constructive : transparence sur les consommations réelles des data centers, cohérence avec les engagements ZAN, évaluation honnête des créations d’emplois, et applications que la puissance publique entend soutenir. Le temps d’un grand débat démocratique sur l’IA, ses usages et son impact est venu.

Les élu·es écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France

Télécharger le communiqué en format PDF

Suivez l'actualité des élu·es
régionaux écologistes

En vous inscrivant, vous autorisez Les Écologistes Hauts-de-France
à vous envoyer les newsletters de la délégation.