Intervention de Jérôme DEZOBRY, Président du Directoire de la Société du Canal Seine Nord Europe.
Monsieur le Président, cher·es collègues,
Dans son rapport spécial du 19 janvier, la Cour des comptes européenne met en lumière des dérives de coûts persistantes et une planification défaillante pour les grands projets d’infrastructures de transport dont le canal Seine-Nord Europe fait partie. Le canal Seine-Nord Europe, qui figurait déjà en 2020 parmi les projets ayant le plus dérapé par rapport aux estimations initiales, voit aujourd’hui ses coûts multipliés par plus de 3 : soit une hausse de +225 % par rapport à l’estimation d’origine. Et en effet, elle souligne que cette estimation initiale avait été fixée avant même que des études de faisabilité sérieuses ne soient réalisées, et qu’elle n’a jamais été révisée par les promoteurs depuis 2020.
Et les coûts continuent d’augmenter : +9% depuis le début de cette mandature.
Cette explosion ne se limite pas à l’inflation : c’est une dérive structurelle qui est le signe d’un pilotage budgétaire insuffisant et d’une absence de maîtrise rigoureuse des ressources publiques engagées.
Dans un contexte financier déjà tendu pour notre région, avec des besoins pressants en santé, en transition écologique, en soutien aux services publics et en soutien aux territoires fragilisés, notre délégation s’alarme.
Face à cette explosion des coûts, à l’estimation initiale sous-évaluée et à l’incapacité jusqu’ici démontrée à maîtriser durablement les dépenses, comment la Société du Canal Seine-Nord Europe entend-elle réagir ?
Quelles mesures concrètes de maîtrise des coûts et de transparence budgétaire êtes-vous prêts à engager dès maintenant pour protéger nos finances publiques, avant que le chantier ne devienne un gouffre encore plus profond pour les territoires contributeurs ?
Dans le contexte budgétaire évoqué ce matin et qui restreint notre capacité d’investissement pour les services essentiels le maintien et l’appel aux financements publics régionaux se pose en effet plus que jamais.