Arc en redressement judiciaire : un choc brutal pour notre territoire

8 janvier 2026

Les élu·es de la délégation écologiste du Conseil Régional des Hauts-de-France ont appris ce lundi la demande de placement en redressement du verrier Arc. Près de 600 emplois seraient menacés sur les 3 600 salariés restants du groupe basés à Arques dans le Pas-de-Calais.

Cette annonce est un choc brutal pour les salariés de l’entreprise spécialisée dans les arts de la table. En effet, la direction avait rassuré les syndicats lors du dernier comité social et économique de décembre. Et alors même qu’un plan de sauvetage de 42 millions d’euros avait été validé par la justice en avril 2025. L’Etat avait également accordé un prêt de 30 millions à Arc et renoncé à ses anciennes créances. En effet, le verrier avait bénéficié de plusieurs prêts à hauteur de 138 millions d’euros entre 2020 et 2023. La Région Hauts de France a notamment apporté 25 M€ en plusieurs prêts qui ne seront sans doute pas remboursés.

Le plan social s’ajoute aux précédentes suppressions de postes d’octobre 2024. A l’époque, le groupe avait annoncé la suppression de 2 659 emplois alors qu’il employait encore 11 000 personnes.

Les élu·es écologistes s’inquiètent de cette nouvelle saignée dans l’industrie de notre territoire qui s’ajoute aux mauvaises nouvelles de derniers mois concernant ArcelorMittal à Dunkerque, RESERG Automotive à Poix-de-Picardie, Valéo et Ynsect à Amiens, la Société Française de Galvanoplastie à Bernaville ou encore Watts à Hautvillers-Ouville.

Parmi les causes avancées dans la presse, des motifs économiques reviennent comme la chute du marché des arts de la table, la concurrence asiatique ou encore le déficit d’image du groupe.

Cependant, des causes environnementales et énergétiques sont également pointées. Les inondations qui ont touché le Pas-de-Calais l’hiver 2023-2024 ont endommagé durablement plusieurs bâtiments. Des dégâts chiffrés à 20 millions d’euros. De plus, le choc énergétique des dernières années a fait bondir la facture des fours à gaz du groupe. Pour le site d’Arques, il s’agit d’un poste de dépenses multiplié par trois, passant de 19 à 75 millions d’euros entre 2021 et 2022.

Cette situation démontre l’impérieuse nécessité pour les Hauts-de-France de repenser son industrie en l’adaptant aux risques du changement climatique et en retrouvant une souveraineté énergétique par le biais de la production d’énergies locales et renouvelables.

Une fois de plus, c’est la question du protectionnisme sur des critères sociaux et environnementaux aux frontières extérieures de l’Union Européenne qui se pose. Sans l’utilisation de cet outil économique important, il sera bien difficile de maintenir un appareil industriel solide ou de reconstruire une souveraineté économique européenne.

Les écologistes Hauts-de-France demandent l’organisation en urgence d’une table-ronde réunissant l’Etat, la Région, les collectivités locales et les salariés afin d’établir un plan stratégique et opérationnel pour pérenniser l’activité. Toutes les pistes doivent être explorées : de la commande publique renforcée à la prise de participation publique accrue.

Les élu·es écologistes au Conseil régional des Hauts-de-France

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