DÉLIBÉRATION - 11 décembre 2025

« Urgence climatique : l’État doit donner les moyens d’agir »

Vœu du groupe "Pour le Climat et Pour l'Emploi"
Rejetée
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POUR
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ABSTENTION
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CONTRE
Environnement

Exposé des motifs

Monsieur le Président, mes chers collègues

Il y a 10 ans jour pour jour, le monde entier et sa jeunesse regardaient vers la France. Il y a exactement 10 ans, l’accord de Paris finalisait la réunion de la COP 21 et enjoignait les pays à s’engager enfin contre le changement climatique. Cet accord était pourtant loin d’être parfait, mais il fixait un cap commun, un objectif difficile mais envisageable vers lequel l’humanité entière devait tendre pour seulement se sauver.

Et depuis ? Rien.

Alors quoi ? En 10 ans nous aurions fait le choix de sacrifier nos enfants ? En 10 ans nous aurions capitulé devant les lobbies de la pétrochimie, devant les conservateurs arcboutés sur leur modèle mortifère et leurs profits immédiats ? En 10 ans, nous aurions cédé aux égoïstes, aux frileux, aux lâches et aux cyniques ?

Je les entends déjà ces minus moquer une présentation qu’ils jugent exagérée, alarmiste voire totalement infondée, quand de vraies menaces seraient à leurs yeux plus urgentes.

Et pourtant, tout s’accélère. Depuis le dépôt de cette motion, le magazine « Sciences et Avenir » a titré sur les effets délétères du changement climatique sur la santé humaine ; lundi « La Voix du Nord » s’alarmait des records de chaleurs en série en cette automne finissant allant jusque’à 9°C au dessus des moyennes. Et selon un rapport du WWF, la France se classe au 6ème rang mondial pour le nombre d’espèces menacées.

Aujourd’hui, 64% des jeunes des Hauts-de-France se disent pessimistes, et il y a de quoi, avec 50% de surfaces forestières en moins que la moyenne nationale ; un littoral 30% plus artificialisé qu’ailleurs ; 2°C de plus à Lille ou Beauvais et 10 cm de hausse du niveau de la mer sur nos côtes.

63% des communes régionales sont déjà exposées à des risques climatiques, un taux qui atteint même 81% pour le Pas-de-Calais et 95% pour le Nord. Pour le dire autrement, les inondations d’il y a deux ans à Saint-Omer sont amenées à se répéter, toujours plus fréquentes et violentes si rien n’est fait.

Car la Région Hauts-de-France a tout à perdre dans la bataille du climat, elle qui souffre déjà plus que les autres ; elle qui est déjà plus vulnérable que les autres. Et pourtant, l’Etat nous abandonne et cède le pas aux climato-négationnistes.

Eh bien soit. S’il refuse de mener ce combat, c’est à la Région Hauts-de-France de prendre le relai et de se montrer active. Mais pour cela, l’Etat doit nous donner les moyens politiques et financiers d’agir plus que ce que la Région fait déjà. C’est le sens de cette motion dont vous avez lu, chers collègues, la conclusion et l’orientation.

C’est un combat commun que nous devons mener. Demandons aujourd’hui, dans une démarche de décentralisation, les moyens nécessaires à la lutte contre le changement climatique, les moyens nécessaires à notre survie. L’Etat nous doit bien cela, et nous-même le devons bien à notre jeunesse.


En séance - intervention(s)

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Il y a 10 ans jour pour jour, le monde entier et sa jeunesse regardaient vers la France. Il y a exactement 10 ans, l’accord de Paris finalisait la réunion de la COP 21 et enjoignait les pays à s’engager enfin contre le changement climatique. Cet accord était pourtant loin d’être parfait, mais il fixait un cap commun, un objectif difficile mais envisageable vers lequel l’humanité entière devait tendre pour seulement se sauver.

Et depuis ? Rien.

Alors quoi ? En 10 ans nous aurions fait le choix de sacrifier nos enfants ? En 10 ans nous aurions capitulé devant les lobbies de la pétrochimie, devant les conservateurs arcboutés sur leur modèle mortifère et leurs profits immédiats ? En 10 ans, nous aurions cédé aux égoïstes, aux frileux, aux lâches et aux cyniques ?

Je les entends déjà ces minus moquer une présentation qu’ils jugent exagérée, alarmiste voire totalement infondée, quand de vraies menaces seraient à leurs yeux plus urgentes.

Et pourtant, tout s’accélère. Depuis le dépôt de cette motion, le magazine « Sciences et Avenir » a titré sur les effets délétères du changement climatique sur la santé humaine ; lundi « La Voix du Nord » s’alarmait des records de chaleurs en série en cette automne finissant allant jusque’à 9°C au dessus des moyennes. Et selon un rapport du WWF, la France se classe au 6ème rang mondial pour le nombre d’espèces menacées.

Aujourd’hui, 64% des jeunes des Hauts-de-France se disent pessimistes, et il y a de quoi, avec 50% de surfaces forestières en moins que la moyenne nationale ; un littoral 30% plus artificialisé qu’ailleurs ; 2°C de plus à Lille ou Beauvais et 10 cm de hausse du niveau de la mer sur nos côtes.

63% des communes régionales sont déjà exposées à des risques climatiques, un taux qui atteint même 81% pour le Pas-de-Calais et 95% pour le Nord. Pour le dire autrement, les inondations d’il y a deux ans à Saint-Omer sont amenées à se répéter, toujours plus fréquentes et violentes si rien n’est fait.

Car la Région Hauts-de-France a tout à perdre dans la bataille du climat, elle qui souffre déjà plus que les autres ; elle qui est déjà plus vulnérable que les autres. Et pourtant, l’Etat nous abandonne et cède le pas aux climato-négationnistes.

Eh bien soit. S’il refuse de mener ce combat, c’est à la Région Hauts-de-France de prendre le relai et de se montrer active. Mais pour cela, l’Etat doit nous donner les moyens politiques et financiers d’agir plus que ce que la Région fait déjà. C’est le sens de cette motion dont vous avez lu, chers collègues, la conclusion et l’orientation.

C’est un combat commun que nous devons mener. Demandons aujourd’hui, dans une démarche de décentralisation, les moyens nécessaires à la lutte contre le changement climatique, les moyens nécessaires à notre survie. L'Etat nous doit bien cela, et nous-même le devons bien à notre jeunesse.

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