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Monsieur le Président, mes chers collègues
Telle qu’elle est formulée dans cette motion, l’idée d’associer le nom de Boualem Sansal à un prix littéraire n’est pas recevable pour les écologistes. Non par rejet de l’écrivain dont nous saluons ici la libération, tout en ayant une pensée pour Christophe Gleizes, mais bien parce que ce texte n’est qu’une vile opération de récupération totalement incohérente.
Quand les eurodéputés d’extrême droite ont suggéré d’attribuer à Sansal le prestigieux prix Sakharov. L’écrivain a refusé ce qu’il a lui-même qualifié « d’instrumentalisation » et de manœuvre « insidieusement partisane et irrecevable. »
Ignorant ce message très clair, le RN continue ici de se servir de la figure de Sansal pour brandir l’étendard de la liberté d’expression de manière sélective. Vous ne pouvez pas réclamer la liberté d’expression pour les écrivains à l’étranger et vouloir peser sur la liberté d’informer et l’indépendance de la presse en France ; vous ne pouvez pas vous faire les défenseurs de la liberté d’opinion pour CNews qui relaie votre propagande à longueur de journée et vouloir privatiser l’audiovisuel public quand celui-ci pointe vos incohérences.
Par ailleurs, quel culot faut-il avoir pour se servir d’un auteur pour évoquer l’universalité de l’art quand vous n’avez de cesse, comme M. Chenu récemment, de faire le tri entre la bonne et la mauvaise culture. De même faut-il être né avant la honte pour prétendre sensibiliser les lycéens à l’importance de la liberté de conscience quand vous souhaitez purger les programmes de tout ce qui ne va pas dans le sens d’une histoire officielle.
Alors mes chers collègues, ne cédons pas à l’instrumentalisation et à l’hypocrisie de ce prix-étendard, mais investissons plutôt dans les médiathèques de la Région, encourageons les résidences d’écrivains dans les lycées, et soutenons une culture et une expression régionale libre, audacieuse, éloignée de toute forme de récupération et de contrôle politique.