Aucun territoire n’est épargné par les violences sexistes et sexuelles et chaque jour nous rappelle l’urgence d’agir. La Région Hauts-de-France agit déjà mais elle doit affirmer sa responsabilité dans la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Aujourd’hui, nous devons ajouter aux initiatives ponctuelles, un cadre stratégique, transversal et durable. Il est temps d’agir avec cohérence et ambition.
Le Conseil régional des Hauts-de-France décide :
Katy Vuylsteker
Mes cher·es collègues,
On peut se rassurer avec des rapports et des déclarations. Mais une réalité demeure, tenace et brutale : chaque jour, dans nos lycées, dans nos entreprises, dans nos foyers, des personnes subissent des violences sexistes et sexuelles. Et notre Région ne peut plus se permettre de s’en payer de mots.
Aucun de nos territoires n’y échappe, aucune de nos écoles, aucun de nos lieux de travail. Nous connaissons toutes et tous des personnes qui en ont été victimes. Et nous savons qu’un trop grand nombre reste encore dans l’ombre, faute de dispositifs lisibles, accessibles, ou simplement dignes.
La Région agit déjà par touche, c’est vrai. Mais face à un phénomène systémique, éparpillé, multiforme, l’action ponctuelle ne suffit plus. Nous avons besoin d’un cadre stratégique. Nous avons besoin de cohérence. Et nous avons besoin d’ambition.
C’est précisément l’objet de cette motion.
D’abord, un Plan régional pluriannuel. Parce que lutter contre les violences, cela demande du temps, de la méthode et des moyens. Pas une succession d’actions isolées, mais une politique publique solide, co-construite avec celles et ceux qui sont en première ligne : associations, syndicats, services de l’État, universités. Avec un budget dédié et une évaluation annuelle. La crédibilité passe par là.
Ensuite, un Observatoire régional indépendant des VSS. Aujourd’hui, nous avançons à l’aveugle. Or, pour évaluer, corriger, renforcer, il faut mesurer. Produire des données fiables. Rendre compte. Cet observatoire permettra de sortir de l’approximation et d’entrer enfin dans la transparence et la responsabilité collective. Nous y œuvrons avec le panorama VSS que j’édite chaque année, mais la Région doit jouer son rôle.
Troisièmement, faire de notre institution un employeur exemplaire. Ce n’est pas symbolique. C’est stratégique. Parce que si la Région ne garantit pas un espace de travail sûr, si elle ne se dote pas d’une cellule d’écoute indépendante, d’un traitement rigoureux des signalements et d’une formation obligatoire des encadrant·es et des élu·es, alors elle ne peut pas demander aux autres ce qu’elle ne s’applique pas à elle-même.
Nous proposons aussi de renforcer l’éducation à l’égalité et la prévention dans nos lycées, avec un programme régional unifié, cohérent, ambitieux. Parce que c’est là que tout commence : dans la capacité à donner à chaque jeune les outils pour comprendre, prévenir et refuser les violences alors qu’ils et elles en sont si souvent victimes et de plus en plus jeunes.
Enfin, nous posons un principe simple : toutes les aides régionales – culture, sport, économie, formation – doivent respecter des protocoles de lutte contre les VSS. Ce n’est pas une contrainte. C’est un engagement au service de la dignité et de toutes les victimes et victimes potentielles.
Mes cher·es collègues, cette motion n’est pas un texte de plus. C’est un cap. C’est la volonté d’inscrire notre région dans le temps long, en refusant la fatalité et en assumant un rôle politique majeur : protéger.
Protéger nos jeunes. Protéger nos agents. Protéger celles et ceux qui n’ont pas toujours la force ou la possibilité de franchir seuls la première marche.
Si vous partagez cette conviction profonde que la Région doit être à la hauteur des enjeux, je vous invite à voter cette motion. Parce que chaque jour où nous hésitons, des vies basculent.