Transports

Contre la réduction des horaires et la fermeture des guichets TER dans la région

Le contexte

Le projet de réduction des horaires et de fermeture de guichets TER en région Hauts-de-France vise à diminuer l’amplitude d’ouverture dans 87 gares à partir du 1er novembre 2025, et à fermer totalement les guichets dans cinq gares particulièrement peu fréquentées.

En clair, 87 gares verront leurs horaires d’ouverture réduits ; certaines ne seront ouvertes qu’une à cinq matinées par semaine et cinq gares (Nogent l’Artaud, La Ferté-Milon, Nanteuil-le-Haudouin, Saint-Leu d’Esserent, Précy sur Oise) vont fermer totalement leur guichet TER.

Cette réorganisation est justifiée du côté de l’exécutif régional par la chute des ventes en gare : en 2024, 22 % des billets ont été achetés au guichet contre 66 % en ligne ou via des automates. Demandé par les élu·es écologistes, nous n’avons pas eu communication de l’étude permettant d’avancer ces chiffres. Sur le plan de l’emploi, 80 emplois directs sont impactés, 37 postes sont supprimés.

La Région souhaite faire des économies en raison d’un budget réduit, mais refuse d’actionner le levier fiscal du versement mobilité régional, pourtant capable de générer près de 80 millions d’euros de recettes supplémentaires — un choix assumé par Xavier Bertrand, qui rejette son application. Dans ce contexte, les élus locaux concernés par les fermetures ou réorganisations d’horaires, tout comme les conseillers régionaux, n’ont reçu aucune information préalable, révélant un véritable problème de méthode.

Ce nouveau schéma de distribution crée un service public à deux vitesses : les grandes gares sont favorisées tandis que les plus petites sont délaissées, accentuant les inégalités territoriales. Par ailleurs, la fracture numérique et sociale s’en trouve aggravée, la SNCF misant sur un parcours client quasi exclusivement numérique. La fermeture des guichets rend l’accès au train plus difficile pour les publics les plus fragiles — personnes âgées, en situation de précarité ou peu à l’aise avec le numérique.

Ce dispositif risque également de freiner le report modal, en complexifiant le parcours des usagers et en supprimant tout interlocuteur en cas de problème, ce qui pourrait décourager l’usage du train. Globalement, c’est une dégradation du service public à un moment où la lutte contre le réchauffement climatique exige au contraire de rendre le train plus attractif, accessible et humain.

Ce plan risque d’abandonner encore davantage les milieux ruraux, alors que la voiture individuelle ne devrait plus être la solution de facilité.

Nous y sommes clairement opposés avec les autres élu·es de gauche au Conseil régional des Hauts-de-France

 

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