Monsieur le Président, mes chers collègues,
Ma question pourrait s’adresser aux vice-présidents à la culture, aux sports, à l’agriculture, à l’environnement, et même à la vie locale.
Le 31 mai dernier à Saint-Martin-lez-Tatinghem, puis le 7 juin à Coutiches ont été organisés des combats de coqs. Pour ceux qui l’ignoreraient, cette pratique consiste à faire s’affronter des coqs maltraités et entraînés dès leur naissance à s’entretuer, souvent au moyen d’ergots métalliques particulièrement acérés dont le but ne trompe personne.
Mutilations à vifs, crêtes et barbillons coupés courts, ergots sciés … l’espérance de vie d’un coq qui gagnerait tous ces combats est d’environ 3 ans.
Organisés dans des conditions opaques, certains diraient mafieuses, dans des arrières salles miteuses ou des hangars sordides, on y vient en famille, avec des enfants, se repaître de la souffrance et de la mort d’animaux, excités plus encore par les appels à la mort des coqueleux.
Bien sûr, ces pratiques sont légales et leurs pratiquants se réfugient sans cesse derrière le lâche argument de la tradition. Mais invoquer la tradition pour maintenir ces combats est absurde, c’est même reprendre les arguments des esclavagistes qui s’opposaient au 18ème siècle à l’abolition de la traite négrière au motif que c’était une pratique pluriséculaire …
Comme Théodore Monod avant nous, on peut douter qu’un pays qui n’ose pas interdire la chasse à courre, les combats de coqs ou la corrida puisse se prétendre civilisé.
Ceci étant posé, pouvez-vous garantir mesdames et messieurs les vice-présidents, qu’aucune subvention régionale ne soutient indirectement l’élevage de coqs de combats ou l’organisation de combats ?
Et comptez-vous, monsieur le Président, appuyer de votre poids politique pour une interdiction de ces pratiques, écoutant en cela les 70% de la population qui estiment qu’une prétendue tradition ne peut plus justifier ces pratiques cruelles d’un autre âge ?