Après « DÉCIDE », ajouter « de créer un fonds d’urgence régional de soutien aux ateliers et options artistiques en milieu scolaire ».
La DRAC Hauts-de-France a décidé de supprimer les subventions qu’elle attribuait chaque année aux ateliers et options artistiques dans les collèges et lycées. Ces subventions étaient indispensables pour financer des ateliers et des projets culturels, des sorties scolaires dans les structures culturelles de nos territoires, et garantir une véritable éducation artistique et culturelle pour les jeunes.
Cette décision intervient quelques mois seulement après la décision du gouvernement de geler la part collective du Pass Culture, qui permettait également de financer des projets culturels au sein des établissements. Ce double désengagement de l’État constitue une attaque frontale contre l’accès à la culture pour les jeunes, en particulier dans les territoires où il est le plus difficile.
Face à cette situation d’urgence, la Région s’engage en faveur de la création d’un fonds régional exceptionnel permettant :
– de compenser temporairement la perte des subventions DRAC pour les établissements concernés,
– de soutenir financièrement les interventions d’artistes dans les ateliers et options artistiques,
– de garantir un maillage équitable de l’offre artistique et culturelle scolaire sur l’ensemble du territoire régional.
Monsieur le Président, chers collègues, je vous propose aujourd’hui, par cet amendement, avec mes collègues, de créer un fonds d’urgence régional pour sauver les ateliers et options artistiques en milieu scolaire. Pourquoi un tel fonds ? Parce que, en quelques mois, l’Etat a déserté. La DRAC des Hauts-de-France a supprimé ses subventions aux établissements, cela alors même que le pass Culture, dans sa version collective, est toujours gelé. Notre région n’est pas en reste, puisque le budget consacré à la jeunesse a été amputé de 12 % cette année.
Ce sont nos jeunes qui en payent le prix : des projets annulés, des artistes écartés, des ateliers supprimés, moins de culture, moins de sens, moins de liens. C’est une attaque frontale contre l’éducation artistique et culturelle, en particulier dans les territoires les plus fragiles, où ces ateliers sont souvent le seul accès à la culture pour des jeunes.
Pourtant, quelle plus belle mission que d’ouvrir à un jeune les portes de la création ? L’art, ce n’est pas une option. C’est une chance de se découvrir, de penser librement, de ressentir autrement. C’est souvent dans un atelier théâtre, un projet de danse ou une sortie au musée que des adolescents trouvent le droit d’être sensibles. En sabrant ces espaces, on ne fait pas que rogner sur des budgets, on ferme des chemins vers l’émancipation.
Face à cette urgence, nous ne pouvons pas rester ici immobiles. Le rôle de notre région est d’être un acteur fort de l’éducation artistique et culturelle. Elle peut aujourd’hui, par cet amendement, prendre le relais temporairement et envoyer un signal clair : nous ne laisserons pas tomber la jeunesse, la culture, l’égalité des territoires. Ce fonds que nous vous proposons n’est pas un luxe, c’est un filet de sécurité pour les établissements et les artistes, un soutien immédiat pour maintenir vivantes les pratiques artistiques et, en même temps, un engagement politique fort pour garantir une offre culturelle équitable, partout dans notre région.
Mes chers collègues, c’est un amendement qui invite à la responsabilité collective. Il ne s’agit pas d’un geste symbolique, mais d’un choix politique concret en faveur de la jeunesse et de la culture. Ce que nous décidons ici peut être parfois très modeste en chiffres, mais immense en portée. C’est la raison pour laquelle je vous invite à le voter.