DÉLIBÉRATION - 19 juin 2025

Canal Seine Nord Europe : Rapport annuel sur la situation de l’établissement public local et avancement de la réalisation du projet

Adoptée
115
POUR
5
ABSTENTION
10
CONTRE
Transports

Exposé des motifs

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En séance - intervention(s)

Karima Delli :

Merci beaucoup, Madame la Présidente.

Lorsque l’on parle du Canal Seine-Nord Europe, tout de suite, la question du fluvial arrive dans l’agenda politique. C’est une très bonne chose, car le fluvial a été le grand oublié des politiques de transports durant des années en France. Surtout, on oublie que le fluvial, c’est moins de camions sur les routes pour un transport de marchandises. Ainsi, relancer le fluvial, c’est un secteur qui va nous amener 5 fois moins de CO2 que sur la route actuellement.

Cependant, le fluvial ne se décrète pas ainsi. Il doit être accompagné par des métiers, par des filières. Dans le Canal Seine Nord, merci pour ce rapport, il oublie les questions centrales. La question centrale qui doit être posée aujourd’hui sur ce grand projet, c’est la question financière.

Je rappelle que, en 2006, dans le document de présentation du projet soumis à l’enquête publique, nous sommes en 2006, de Voies navigables de France, le coût global du projet, qui comprenait la construction du canal, des bassins, les réservoirs, les plates-formes, les quais de déchargement et les équipements de plaisance, s’élevait au maximum, nous dit-on, à 3,53 milliards d’euros. Or, une enquête publique, prescrite par arrêté interpréfectoral du 2 février 2024, montre que nous ne sommes plus dans les 3,52 milliards. Nous passons directement aux 8 milliards, voire plus. Il y a donc une différence notable entre le coût supposé et le coût réel du projet.

Au-delà, il reste des questionnements majeurs. Certains projets de ports intérieurs, comme à Noyon, se posent la question d’être financés ou non. D’autres projets annexes au déploiement du canal ont aussi dû être gelés, car les cofinancements européens n’arrivent parfois pas à temps. Enfin, la mise au gabarit européen de l’Oise entre Compiègne et Creil ou le projet de Bray à Nogent sont en suspens.

La question réelle est la question de la rentabilité économique du projet. C’est aujourd’hui une véritable question.

Le coût écologique va aussi être amené sur une nouvelle adaptation, puisque notre territoire doit s’adapter au dérèglement climatique. La question de l’eau va être fondamentale. Puis, la question des infrastructures : aujourd’hui, les infrastructures ne permettent pas de faire passer des embarcations de plus de deux étages de conteneurs sur l’axe Nord-Sud, ce qui permet aujourd’hui de ne pas se projeter dans une rentabilité réelle du canal, selon les professionnels du secteur.


Marine Tondelier :

Je voulais répondre, car Monsieur COULON nous dit que l’on dit l’inverse des collègues de derrière. Je vais donc faire, en réalité, le même rappel au règlement que la fois dernière, puisque, manifestement, vous ne l’aviez pas bien compris.

Oui, le fluvial est mieux que le routier, mais pas à n’importe quelles conditions. Déjà, ce n’est pas vrai que le fluvial n’émet rien. D’ailleurs, les normes sur les émissions en matière de qualité de l’air des matériels fluviaux ne sont pas du tout les mêmes que sur les matériels roulants, pour plusieurs raisons. La deuxième chose, c’est que l’on n’est pas contre le fluvial. On est pour un dimensionnement raisonnable des projets, ce qui n’est pas le cas de ce projet de Canal Seine-Nord.

Ainsi, oui, on pouvait être pour un canal Seine-Nord il y a quelques années dans cette région. Sur ce projet-ci, vous n’avez pas notre soutien et vous ne l’aurez pas. C’est comme cela et ce n’est pas très grave, mais n’essayez pas à chaque fois d’expliquer que je ne serais pas d’accord avec Karima DELLI, que nous ne serions pas d’accord avec nos collègues de La France insoumise. Nous avons cette ligne, que cela vous plaise ou non, et ce n’est pas la peine de la dénaturer.

Oui, on sait prononcer Laon, puisque c’est la ville de naissance de Yannick JADOT.

Par ailleurs, sur la science et les rapports dont vous parlez, vous avez vos rapports et nous avons les nôtres. Vos rapports ne sont pas plus sérieux que ceux que nous avons. Notamment, dans les rapports que vous citez, je voudrais tout de même vous rappeler que les rédacteurs de ces rapports eux-mêmes nous disent que, vu la date à laquelle ils ont été rédigés, ils ne prennent pas en compte les rapports du GIEC, ils ne prennent pas en compte le plan national d’adaptation au changement climatique et le fait que, d’ici 2100, on sera dans une France où, les scientifiques l’ont dit aujourd’hui, le + 1,5°C n’existera pas. C’est fini, ce n’est même plus un espoir possible. On sera à + 4°C.

Ce qu’ils montrent bien, dans ce rapport à + 4°C et dans les conséquences que cela aura sur l’eau, c’est que les prévisions que vous avez dans votre « rapport très, très sérieux » ne sont plus les bonnes. On le sait, vous le savez, tout le monde le sait. Ne faisons donc pas semblant entre vous.

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