Denain (Nord)

Déplacement à ArcelorMittal pour soutenir les salariés du site de Denain

26 novembre 2024

Le contexte

ArcelorMittal, leader mondial de la sidérurgie, a récemment annoncé son intention de fermer deux sites en France, situés à Reims et Denain, employant plus de 130 personnes.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de transformation industrielle, marqué par des investissements massifs dans la décarbonation de la production d’acier. En février 2022, l’entreprise a dévoilé un plan d’investissement de 1,7 milliard d’euros, soutenu par le gouvernement français, visant à transformer ses sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer. Ce projet prévoit la construction de nouvelles installations, notamment un four de réduction directe du fer et des fours électriques, pour réduire les émissions de CO₂ de près de 40 % d’ici 2030.

Cependant, en novembre 2024, ArcelorMittal a annoncé le report de certains de ses investissements verts en Europe, invoquant des incertitudes réglementaires au sein de l’Union européenne. Malgré l’obtention de subventions, l’entreprise n’a pas encore finalisé les décisions concernant le remplacement de deux hauts fourneaux à Dunkerque par des installations fonctionnant à l’hydrogène vert.

Ces fermetures de sites et les retards dans les investissements verts reflètent les défis auxquels est confrontée l’industrie sidérurgique européenne, qui doit concilier la nécessité de réduire les émissions de CO₂ avec des conditions de marché et des réglementations en constante évolution.


Sur le terrain

Karima Delli : Aujourd’hui on est à Denain pour soutenir les salariés d’Arcelor, mais également un clin d’oeil aux salariés de Reims qui ont appris hier malheureusement la fermeture de leur site du jour au lendemain alors que cette entreprise ArcelorMittal en 2023 a connu des bénéfices records. On parle même d’un milliard d’euros en 2024 et c’est les salariés qui payent les pots cassés. Alors nous sommes là pour dire que cet acier, nous en avons besoin. Nous sommes une région qui est une terre du ferroviaire. Nous allons devoir véritablement anticiper les politiques industrielles, et aujourd’hui les grands concurrents, que ce soit la Chine ou autre nous menacent par rapport à cette industrie. C’est la raison pour laquelle nous appelons un véritable réveil, un sursaut de l’Europe pour une vraie politique industrielle sur les métaux. La deuxième chose sur laquelle nous tirons la sonnette d’alarme au niveau de la Région c’est que l’on propose à des salariés de Denain, de notre région, d’aller s’installer ailleurs. Ce qui est un véritable scandale parce qu’ici, ce sont des familles. On ne peut pas déplacer des familles comme bon vouloir parce que derrière ces 136 salariés et ces licenciements abusifs, nous avons 136 familles. C’est la raison pour laquelle en tant qu’écologistes, en tant que politiques, nous sommes des responsables. On nous a envoyé un message très fort. C’est scandaleux, nous ne voulons pas que le site ferme, nous voulons véritablement une reprise du site et faire en sorte que les politiques de demain se fassent sur notre territoire.

Julien Poix : En direct de Denain pour affirmer notre solidarité avec les 24 salariés du site. Ce n’est pas que 24 salariés, c’est aussi des dizaines et des dizaines de sous traitants qui vont être impactés par cette fermeture, fermeture scandaleuse. Aujourd’hui, on est là aussi pour dire que l’État et les collectivités doivent cesser d’être le tiroir caisse des multinationales, un tiroir caisse sans fond finalement. Toutes nos propositions de conditionnaliser les aides ont été refusées à chaque fois par la Région. Toute proposition pour encadrer cette distribution des aides sont souvent refusées aussi au niveau national. Cette situation doit cesser. Nous avons encore 20% d’ouvriers en France et pour ces 20% d’ouvriers nous sommes ici aujourd’hui à Denain et nous seront demain sur chaque point chaud du pays, là où l’emploi sera menacé.

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