Expliquez-moi, c’est quoi le Pass Rail ?
Le Pass Rail est un dispositif lancé en France à l’été 2024 pour permettre aux jeunes de 16 à 27 ans de voyager en train de manière illimitée pendant un mois, à un tarif unique et abordable. Il offrait un accès sans restriction aux TER et aux trains Intercités sur l’ensemble du territoire national, pour seulement 49 euros par mois. Inspiré du succès rencontré par le « Deutschlandticket » allemand (qui était ouvert à tous.tes, jeunes et moins jeunes), le Pass Rail visait à encourager l’usage du train, à faciliter les déplacements estivaux des jeunes et à promouvoir une alternative écologique aux trajets en voiture ou en avion.
Au-delà de l’avantage financier, le Pass Rail portait une ambition claire : rendre la mobilité durable accessible à toutes et tous, réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, et permettre une meilleure égalité d’accès entre territoires urbains et ruraux. C’était une réponse concrète aux défis climatiques et sociaux de notre époque, en ouvrant le rail au plus grand nombre.
Après un an seulement, le gouvernement recule
Le Pass Rail, malgré son ambition forte, présentait certaines limites. L’offre, bien qu’innovante, ne concernait que les TER et les trains Intercités, excluant de fait les trains à grande vitesse comme le TGV et les offres OUIGO, pourtant largement utilisés pour les déplacements longue distance en France.
Cette restriction limitait l’attractivité du dispositif pour de nombreux jeunes, notamment pour celles et ceux vivant dans des territoires moins bien desservis par les trains régionaux. De plus, le Pass Rail était réservé uniquement aux jeunes âgés de 16 à 27 ans, écartant ainsi une partie importante de la population qui aurait pu bénéficier d’une mobilité facilitée et écologique. Enfin, la communication institutionnelle autour de son lancement a été timide, ce qui a pu freiner sa visibilité et sa popularité auprès du public cible.
Cette année, le gouvernement a décidé de ne pas reconduire le Pass Rail pour l’été 2025, justifiant cet arrêt par un « résultat final mitigé » et « le contexte budgétaire actuel qui ne permet pas de prolonger une expérimentation de ce type qui n’atteint pas sa cible », renvoyant même aux offres tarifaires préférentielles des régions.
Un recul pour le climat, les jeunes et l’accès au train
La non-reconduction du Pass Rail est particulièrement incompréhensible dans un contexte où l’urgence climatique impose de réduire massivement les émissions du secteur des transports, premier émetteur de gaz à effet de serre en France. En mettant fin à une initiative qui visait justement à démocratiser l’accès au train pour les jeunes, le gouvernement renonce à un levier essentiel pour accompagner la transition écologique. Ce choix envoie un signal négatif, tant sur le plan écologique que social, à l’opposé des engagements pourtant affichés sur la nécessité de changer notre modèle de mobilité. Il souligne aussi le manque de volonté politique d’investir massivement dans le rail, qui devrait être au cœur des politiques publiques pour les décennies à venir.

Nous demandons un véritable investissement dans les trains du quotidien : des lignes régionales renforcées, des trains plus fréquents, plus accessibles, mieux entretenus, et des tarifs abordables pour toutes et tous. Face à l’urgence écologique et sociale, nous devons construire des mobilités durables sur tous les territoires, rurales comme urbains. Miser sur le train, ce n’est pas seulement améliorer le service public, c’est aussi choisir un avenir plus juste, plus sobre et plus solidaire.